Jeudi, nous décidons de visiter le temple Wat Arun dans le centre de Bangkok. Nous partons tard. Nous arrivons tard. Ceci entraîne 2 problèmes : la chaleur et le monde. Je ne sais pas lequel des 2 sera le plus déplaisant à vivre...
Nous prenons le ferry pour traverser le Chao Phraya, cet immense fleuve qui traverse la Thaïlande du nord au sud. De l'autre côté, autour de l'entrée du temple, nous remarquons de nombreux magasins de location de tenues traditionnelles thaïlandaises. C'est une fois passés l'enceinte du temple que nous comprenons: des centaines et des centaines d'asiatiques sont là, habillés de ces tenues, le visage peinturé de maquillage, les cheveux bien coiffés, parfois le regard transformé avec des lentilles. Nous assistons alors à un ballet incessant de mises en scène et de poses, sous les objectifs mitraillant des téléphones. Alors que nous sommes quelques occidentaux à tenter d'admirer le temple Wat Arun (construction 1351-1767), nous sommes constamment dans le chemin des objectifs cherchant le meilleur selfie. Le temple se transforme alors en un simple décor, un arrière-plan "instagramable" pour les photos de soi. Ceci nous surprend, nous choque, finit par nous agacer en fin de visite quand nous prenons notre temps pour observer les détails et que l'on se fait tasser encore et toujours.