Le sifflement du train marque son entrée en gare et une coche de stress supplémentaire pour nous. Les sacoches au sol, nous devons les charger et surtout charger les vélos dans ces wagons étroits en moins de 1 minute. La tension est à son comble. Le train s'arrête, on se dépêche de charger, Karim a beaucoup de misère à tourner les vélos dans l'entrée du wagon. Il doit les cabrer. On finit par s'asseoir, épuisés. Il est 7h du matin.
Nous débarquons dans la ville de Chachoengsao. Dernière grosse ville en périphérie de Bangkok. Le train nous aura permis de gagner 40 km de ville, de trafic, de pollution. Nous commençons notre voyage à vélo avec un 30km d'autoroute et un petit vent de face, avant d'enfin emprunter les routes secondaires et traverser la campagne.
Dès le début, nous nous sommes mis d'accord avec Karim: nous irons à notre rythme, doucement au début, en prenant le temps de nous habituer au poids du vélo et à la chaleur. Mais... un lac, qui a l'air magnifique, est à 77km... Par moment, nous nous disons de ne pas se mettre en tête ce lac comme objectif. Nous nous disons que c'est trop, trop loin pour notre 1ère journée. Que nous n'y arriverons pas. Pourtant, les km défilent. 40. 50. 60. À 60km, nous décidons de forcer jusqu'au lac, poisseux de sueur et de creme solaire. Les derniers km sont durs sur le corps. On se motive, Karim commence à chanter des chansons pourris. Le soleil tape fort... mais nous arrivons enfin au lac vers 16h30, après 4h30 de vélo. L'eau rafraîchissante du lac est une récompense inestimable.